THE POLYFLOSS FACTORY À MADAGASCAR

THE POLYFLOSS FACTORY

Biographie

Le projet Polyfloss Factory naît au sein du Royal College of Art de Londres en 2011. L’équipe, constituée d’Audrey Gaulard (designer textile et robotique), Nick Paget (designer industriel), Christophe Machet (ingénieur en systèmes mécaniques et designer) et Émile De Visscher (ingénieur en science des matériaux et designer), se questionne sur l’écologie et décide d’imaginer un procédé de recyclage de plastique à échelle locale. Après différents tests, les designers découvrent que l’un des grands intérêts du plastique réside dans sa capacité à former de la mousse – propriété qu’aucun des autres matériaux usuels ne peut acquérir facilement. Ceux-ci décident alors de produire des mousses de plastiques recyclées, fabriquées à la manière d’une barbe à papa. La première machine Polyfloss est présentée lors du Work in Progress Show du Royal College of Art (Londres) en 2012 et s’ensuit la production d’une série d’objets, de formes et d’usages.
The Polyfloss Factory a collaboré avec de nombreuses institutions et écoles au Royaume-Uni et à l’étranger en mettant en place des ateliers et en développant de nouveaux usages.

NDAO HANAVAO

En savoir plus

Pour sa première édition, Ndao Hanavao a invité les designers français de The Polyfloss Factory,  Christophe Machet et Émile de Visscher, à développer le concept de leur machine Polyfloss à Antananarivo afin de mettre en place de manière pérenne un premier atelier d’incubation, d’expérimentation et de formation destiné à la transformation de déchets plastiques, problématique locale majeure.
De la collecte des déchets plastiques triés par un réseau de collecteuses sur les déchetteries d’Antananarivo, à la phase de production dans l’atelier organisée par les deux designers invités et par les jeunes en formation, le plastique recyclé est transformé sur place en produits finis : objets à valeur d’usage et produits de première nécessité. Ce même plastique transformé peut aussi être revendu (sous la forme de panneaux, de laine, de rouleaux de feutre, etc.) en tant que matériau de construction ou comme matière première pour un artisanat local.
Aujourd’hui, le projet accueille en formation dix jeunes malgaches, âgés de 17 à 20 ans, en réinsertion professionnelle auprès d’associations locales, telles que Enda, Manda et Graines de Bitume. Les participants bénéficient de cinq à dix jours de formation par mois avec des cours d’introduction au design, de français et de compétences de vie ainsi que des formations à l’entreprenariat.
De la phase d’implantation du projet Polyfloss à Madagascar à sa phase de développement, les jeunes participants sont invités à entreprendre et à se responsabiliser, notamment en développant des initiatives collaboratives avec l’artisanat local. Ils auront ainsi toutes les clés en main à l’issue de leur formation pour faire perdurer la production de la laine Polyfloss à Madagascar et développer leurs propres économies sociales et solidaires autour du laboratoire d’incubation et d’expérimentation Ndao.

« En recyclant le plastique de manière innovante et en apportant cette matière habituellement industrielle à l’échelle de la re-création artisanale, The Polyfloss Factory se veut une forme de réponse tangible, exploratoire, ludique et collaborative face à la pollution des déchets de la ville. Car depuis plus d’un an, les deux créateurs et l’équipe constituée sur place ont pu évaluer, analyser, identifier un ensemble de sources de déchets plastiques disponibles, évaluer les besoins et comprendre les habitudes, les modes de vie par les usages courant. Ces données ont permis « d’évaluer le marché et de repérer des applications pertinentes » que le projet Ndao Havanao porte aujourd’hui. »
Benjamin Loyauté
Commissaire du projet Ndao Hanavao
Extrait de « L’Entreprise du Faire », 2019
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