Samuel Tomatis

Transformer les algues invasives

Sainte-Marie & Antananarivo, Madagascar

Depuis 2022

Samuel Tomatis

Afin de répondre à la problématique de la prolifération de l’algue invasive Ulva reticulata, identifiée par une étude menée en 2019 par l’association malgache Cétamada avec l’université d’Antananarivo, Ndao Hanavao s’est associé à Cétamada pour développer avec le designer français Samuel Tomatis un projet de collecte et de transformation des algues invasives de Madagascar qui se déploie entre Sainte-Marie et Antananarivo.

Les algues invasives échouées sont collectées sur les plages de Sainte-Marie et sont rincées, séchées et broyées au centre Anjanaray de l’association Cétamada avant d’être envoyées au laboratoire Ndao Hanavao à Antananarivo où elles sont transformées en papier, grâces aux procédés et techniques implantés par Samuel Tomatis au sein du laboratoire.

Les algues ouvrent ainsi plusieurs voies. Pressées et feutrées, elles donnent un papier imprimable, dense et régulier. Conservées dans leur légèreté, elles produisent un papier flotté, proche des traditions Antemoro. Transformées en pâte, elles permettent une cellulose moulée, adaptée à des objets simples mais solides. Enfin, la recherche d’une cellulose plus pure ouvre un champ expérimental, élargissant les usages possibles tout en restant fidèle à l’ancrage territorial. La jacinthe d’eau, autre plante invasive, peut suivre des processus similaires et nourrir une même économie circulaire.

Douze nouveaux bénéficiaires ont rejoint le projet Ndao Hanavao afin d’être formés à la transformation des algues. Ils créent en 2026 leur entreprise éco-responsable ; DIA.

Samuel Tomatis

Samuel Tomatis est diplômé en 2016 de l’ENSCI – Les Ateliers, après un diplôme à l’Institut Supérieur des Arts Appliqués, tous les deux avec les félicitations du jury. Le jeune designer entretient une relation étroite avec la science et l’écologie et développe une pratique entre design industriel et architecture éphémère. Séduit par la mer et le phénomène des marées, ses recherches gravitent autour de l’univers des ressources maritimes, et plus particulièrement de l’algue. Samuel collabore avec différents corps de métiers, notamment des scientifiques et des artisans. L’expérimentation, le travail de la matière et l’éco-conception sont au cœur de sa démarche. En 2017, il est finaliste Audi talents et également lauréat de la bourse Agora pour le design, présidée par Erwan Bouroullec. Son travail a notamment fait l’objet d’exposition au Centre Pompidou et à la Villa Noailles. En 2022, il remporte le prix Liliane Bettencourt pour l’Intelligence de la main.